Dacamails
I.Ballades
Un éminent et fidèle dacadien nous écrit à propos des derniers numéros :
Merci pour cette balade …Ljubljana dont je n’avais aucun souvenir après un séjour il y a 50 ans, Graz que je ne connais pas, et j’ai sans doute tort.
A propos de la petite musique de la fin, avec vidéo garantie d’époque, voici un épisode plus récent, il y a 8 ans, dans le cadre de mes activités interconvictionnelles » :
lafontaineauxreligions.org/archives/1020
II.Un autre dacadien de la première heure, non moins éminent ni fidèle, attire l’attention de la rédaction sur l’émerveillement commun qui nous toucha dans les années 1970 à la parution des 5 tomes des « Hommes de la liberté » de Claude Manceron, devant l'incroyable travail de recherche et cette manière profondément originale d'aborder l'histoire
Années cruciales où commence à frémir ce qui deviendra le séisme révolutionnaire, des « signaux faibles » annonciateurs, émergent peu à peu les futurs protagonistes (Robespierre, Marat, Mirabeau, Louis XVI, Marie-Antoinette …) tandis que les « grands anciens », architectes du changement (Voltaire, Rousseau, Diderot…) s'éclipsent avant le lever du rideau.
A savourer sans modération….
III.Propos confirmés par un autre éminent et fidèle dacadien de la première heure (ils sont environ 150 aujourd’hui) : « Merci pour ces rappels historiques. J'avais aussi lu avec délectation les livres aussi savants que savoureux de Claude Manceron.
Lafayette…. qui avait placé ses troupes sous le commandement de George Washington, n'arrive donc pas à la cheville du général Rochambeau, général en chef des troupes envoyées en Amérique par le Roi de France, vainqueur de la décisive bataille de Yorktown contre les Anglais, avec le puissant appui de l'escadre de l'amiral de Grasse.
Le livre qui fait autorité sur ce sujet
La biographie de Washington reste entachée par le massacre de la délégation envoyée par la France (avec drapeau blanc) lorsqu'il pourchassait notre armée dans l’Ohio, puis son retournement lorsque, après avoir été arrêté, il a négocié sa libération contre reconnaissance écrite de son crime, puis l'a aussitôt nié une fois libéré. »
Pas terrible, il avait 22 ans. (N.D.L.R.)
Et les Hommes de la Liberté ?
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Les vingt ans du Roi — Le vent d’Amérique — Le bon plaisir — La révolution qui lève — Le sang de la Bastille
1774-1778 — 1778-1782 — 1782-1785 — 1785-1787 — 1787-1789
« Un livre fabuleux », « Une fresque admirable ». C'est dans ces termes élogieux que la presse unanime salue, en 1972, ce premier volume des « Hommes de la liberté », ces 20 ans du roi Louis XVI qui sont aussi ceux de la plupart des acteurs futurs de 1789 et de 1793. Comparé à Michelet, Claude Manceron préférait parler de « mise en scène » de cette période …
Decitre
Il s'agit d'une histoire biographique entrecroisée de la Révolution française et de son temps, et aussi de celle des rebelles américains victorieux, qui secoue un monde : celui des monarchies et des hiérarchies, qui nous transporte de l'échec de Necker à la victoire de Yorktown d'octobre 1781, la semaine où Marie-Antoinette donne à la France le dauphin attendu…
En utilisant la technique du zoom, Claude Manceron nous fait découvrir les acteurs célèbres de l'époque
Dans les coulisses s'agisse des personnages inquiétants qui cherchent à bouleverser le sens de l'histoire, certains trop remuants au goût de leur famille comme Mirabeau…
Plus loin se joue le sort d'une Amérique pour laquelle Lafayette ne ménage pas ses forces avec un enthousiasme que cache l'impavide Georges Washington devenu son ami.
Rochambeau voit le vent d'Amérique ranimer son talent militaire, un peu terne, assagi par une longue inactivité.
L’infatigable Lafayette finira par avoir raison du général anglais Kornwallis qui se laissera prendre au piège de la Chesapeake
Le beau Lausanne apportera à Versailles cette nouvelle
qui sera le dernier éclat de la gloire militaire des Bourbons
Revue historique des armées numéro 3 (1975) — publication trimestrielle du Ministère de la Défense
Qui était Claude Manceron ?
1923-1999
Ecrivain et historien français, spécialiste de la Révolution française, fils d'un officier de Marine.
Poliomyélitique à 11 ans, il reste allongé pendant 7 ans dans une chambre à Meudon et se cultive donc seul par des lectures intensives.
Après un bref passage par le noviciat dominicain, il devient éducateur spécialisé dans des centres pour jeunes paralysés au sein de l'association des paralysés de France, puis prend part à la résistance pendant la seconde guerre mondiale
Il publie un premier roman consacré aux 100 jours napoléoniens qui lui vaut le prix Henri Dumarest de l'Académie française, puis vingt-cinq ouvrages.
Il s'engage politiquement dans le Comité National des Ecrivains proche d'Aragon et signe le manifeste des 121 contre la guerre d'Algérie
En 1968, installés dans l'Hérault, il entame son grand projet sur les hommes qui ont fait la Révolution française : « Les hommes de la liberté »
Après 4 années d'immersion dans les archives, le premier tome paraît en 1972 suivi des 4 autres jusqu'en 1987
Il ne parviendra jamais à achever le projet complet qu'il avait fini par imaginer en 10 tomes, car il devient chargé de mission auprès de François Mitterrand de 1981 à 1995
Pour vous donner envie de retrouver, ou de découvrir, cette somme historique qui s'étend de 1774 à 1789, Dacadi choisit de privilégier, dans l'ensemble des centaines de portraits qui composent l'ouvrage : monarques, ministres, artistes, écrivains, mais aussi gens de ce tiers état, « petites gens » qui seront le terreau de la plus grande des révolutions au monde
Quelques figures de la guerre d’indépendance américaine, cette semaine :
- Du marquis Gilbert du Motier de La Fayette
- De Georges Washington
Et, prochainement
- Du comte Jean-Baptiste-Donatien de Rochambeau,
- De l’amiral François Joseph Paul de Grasse
Prologue
Que représente la France en Amérique du Nord vers 1750 ?
Après les premiers voyages de Champlain, les Français s'occupent à mettre en place la Nouvelle-France qui correspondait à presque la moitié du continent et était composée de quatre colonies : l'Acadie, le Canada, Terre-Neuve, et la Louisiane.
La Nouvelle-France disparaît officiellement en 1763, lorsqu'elle est absorbée par les Britanniques et les Espagnols en vertu du traité de Paris qui met fin à la guerre de Sept Ans.
Face aux treize colonies britanniques voisines qui comptent plus de deux millions de colons, la population française reste restreinte (environ 70 000 personnes).
En bleu : colonies françaises
Vidéo — European colonial presence in North America (MapPorn)
Réseau d'alliances : L'économie repose largement sur la traite des fourrures, rendue possible grâce à des alliances solides et des réseaux de forts militaires. [1], [2]
Tensions grandissantes : La rivalité avec les Britanniques est à son comble dans la vallée de l'Ohio, ce qui mènera directement à la guerre de la Conquête / guerre de Sept Ans et à la perte de la Colonie française en 1760.
La Louisiane ou Louisiane française est un territoire de la Nouvelle-France, espace contrôlé par les Français en Amérique du Nord, aux XVIIe et XVIIIe siècles. Elle est baptisée en l'honneur du roi Louis XIV par l'explorateur Cavelier de La Salle (1643-1687). Immense espace allant des Grands Lacs au golfe du Mexique, elle est divisée en deux secteurs appelés « Haute-Louisiane » au nord de la rivière Arkansas (appelé parfois le « Pays des Illinois ») et « Basse-Louisiane » au sud. Le fleuve Mississippi constitue l'épine dorsale de la colonie.
À partir de 1712, la Louisiane fut cédée par le roi à Antoine Crozat, donc à titre privé, avant que ce dernier, voyant que sa colonie lui coûtait plus qu'elle ne lui rapportait, ne la recède en 1717 à la compagnie privée de John Law, la compagnie du Mississippi. C'est sous la direction de celle-ci que la Louisiane commença à se repeupler avec l’arrivée à La Nouvelle-Orléans fondée en 1718 de 7 000 immigrants français entre 1718 et 1720[14]. La Compagnie française des Indes occidentales fut enfin la dernière acquéreuse privée de cette coûteuse colonie et put y importer des esclaves noirs d'Afrique. Le roi reprit définitivement la direction de la Louisiane en 1734.
De Henri IV à Louis XIV,
la Nouvelle France devient une Province française
La Fayette, le voici :
Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, né le 6 septembre 1757 au château de Chavaniac et mort le 20 mai 1834 à Paris, est un officier et homme politique français, célèbre en raison de son engagement
- dans les rangs de l'armée des insurgés américains (1777-1783),
- puis dans l'aile libérale et réformiste de l'aristocratie française (1784-1792),
- enfin dans l'opposition libérale au régime de la monarchie de Juillet qu'il avait pourtant contribué à établir lors des Trois Glorieuses (juillet 1830).
Le château de Chavaniac, maison natale du marquis de La Fayette
Convaincu de la noblesse de la cause des insurgés américains, il s'engage de sa propre initiative à leurs côtés en 1777.
Nommé général à l'âge de 19 ans par George Washington, La Fayette joue un rôle décisif dans la guerre d'indépendance des États-Unis contre la Grande-Bretagne, notamment lors de la victoire de Yorktown le 19 octobre 1781.
Gilbert du Motier de Lafayette, par Gilbert Stuart
Surnommé le « héros des deux mondes », il est depuis 2002 un des huit citoyens d'honneur des États-Unis.
Il y fait d'ailleurs à l'invitation du président James Monroe un voyage triomphal de 13 mois en 1824, au cours duquel il est accueilli et honoré dans 182 villes des 24 États que compte l'Union à cette époque, en parcourant 6.000 kms en diligence, cheval, barge de canal et bateau à vapeur….
Après avoir combattu aux États-Unis, La Fayette œuvre en France à la rénovation du pouvoir royal, avant de devenir une des grandes personnalités de la Révolution française, avec la rédaction de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et le commandement de la Garde nationale, jusqu'à son émigration en 1792 après avoir déserté son poste en espérant rallier l’armée prussienne. Il est arrêté et incarcéré pendant cinq années par les autorités autrichiennes et prussiennes.
La Fayette est aussi un contributeur politique essentiel de la révolution de Juillet en 1830 et des débuts de la monarchie de Juillet, rompant ensuite rapidement avec le roi Louis-Philippe dont il a soutenu l'accession au trône. Durant cette dernière période de sa vie, il s'affirme aussi comme un soutien engagé à la Pologne après l'insurrection de 1830-1831.
À partir de 1789, La Fayette signe ses courriers « Lafayette » en un seul mot, en réaction contre le système nobiliaire abattu par la révolution. Cette graphie est utilisée par ses contemporains jusqu'à sa mort.
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Journaliste pendant plus de quarante ans, dont trente-cinq ans au journal Le Monde, Laurent Zecchini a été correspondant dans de nombreuses capitales (New Delhi, Londres, Washington, Bruxelles, Jérusalem), avant de se consacrer pendant quatre ans et demi à cette biographie de Gilbert de Lafayette.
« Héros à la réputation quasi immaculée outre-Atlantique, Lafayette reste un mal aimé de l’histoire de France
L’auteur le dévoile, débarrassé de la diabolisation et de l’idéalisation qui ont si longtemps brouillé son image.
Certes soucieux de sa gloire, il a été avant tout le héraut de la liberté, dans les combats de la guerre d’indépendance américaine comme dans le maelström de 1789 et au cours des Trois Glorieuses.
Par les valeurs qu’il a défendues, il incarne quelque chose de plus vaste que lui-même, des idées qui sont d’une surprenante modernité. »
Babelio
La Fayette entre France et Amérique. Histoire et légende, Archives nationales, Paris (3e)
I.Dacanecdote : le drapeau tricolore
Avant d'être drapeau, le tricolore fut cocarde.
On raconte que c’est La Fayette qui donna à Louis XVI, reçu à l'Hôtel de Ville trois jours après la prise de la Bastille, une cocarde tricolore, en déclarant : « Je vous apporte une cocarde qui fera le tour du monde ».
Le blanc représentait la monarchie, tandis que le bleu et le rouge reprenaient les couleurs de la ville de Paris, signe, selon le maire de la ville, de « l'alliance auguste et éternelle entre le monarque et le peuple ».
La cocarde tricolore devint alors un symbole de patriotisme et commence à fleurir aux boutonnières.
À l'automne 1790, l'Assemblée constituante décida que tous les vaisseaux de guerre et navires de commerce français porteraient un pavillon à trois bandes verticales : rouge près de la hampe, blanc au centre, bande plus large que les autres, bleu à l’extérieur.
Le sens vertical permettait de le distinguer du pavillon néerlandais dont les couleurs rouge, blanc, bleus disposés à l'horizontale flottaient sur toutes les mers depuis un siècle déjà.
Le drapeau tricolore ne prit sa forme définitive que le 15 février 1794 (27 pluviôse an II) lorsque la convention nationale décréta que le pavillon national « sera formé des trois couleurs nationales, disposées en bandes verticalement, de manière que le bleu soit attaché à la gaule du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant dans les airs ».
La légende voudrait que ce soit le peintre Louis David qui ait choisi l'ordre des couleurs.
Revenu d’Amérique auréolé de gloire, La Fayette est au sommet de son influence durant les deux premières années de la Révolution. Mais, dès 1790, ce partisan d’un régime constitutionnel qui concilie l’ordre et la liberté est attaqué sur sa droite comme sur sa gauche : les royalistes lui reprochent son inaction lors des journées des 5 et 6 octobre 1789, marquées par l’invasion du château de Versailles ; d’autres le vilipendent comme aristocrate et républicain de façade.
II.Une popularité mise à mal en France
Alors que son portrait, reproduit par milliers sur des sabres, des éventails ou des médailles, connaît une diffusion sans précédent, des publications et des gravures s’emploient à saper sa popularité.
On raille le m’as-tu-vu ou le traître à la nation ; on relaie ses prétendues « soirées amoureuses » avec Marie-Antoinette, on le croque en coq courtisan, en singe fanfaronnant…
Les calomnies participent au retournement de l’opinion et au déclenchement des violences populaires.
Le duc de Choiseul, agacé des éloges sans fin prodigués par des dames dans son salon au jeune marquis, avait dit : « Pour moi, Mesdames, je ne vois dans La Fayette que « Gilles-César » (repris par Mirabeau).
Par sa longévité, Gilbert Du Motier de Lafayette (1757-1834) traverse un demi-siècle de bouleversements et de révolutions. De part et d’autre de l’Atlantique, il joue dans la vie politique un rôle de premier plan, entrecoupé d’éclipses.
Engagé dans une défense constante des libertés individuelles et collectives, il s’illustre dans la guerre d’indépendance américaine (1777-1781), dans les premiers élans de la Révolution française (1789-1792) et lors de la chute de Napoléon Ier (1815). Attentif aux destinées des États-Unis où, sur le tard, il effectue un retour triomphal (1824-1825), il revient sur le devant de la scène française à l’avènement de la monarchie de Juillet (1830).
Tout au long de sa vie, Lafayette crée un pont entre deux mondes, entre deux cultures politiques.
Pour transmettre ses idées et son image, Lafayette a rédigé des mémoires et fait la commande de nombreux portraits.
De son vivant déjà, tout un ensemble de discours et de représentations circulent à son sujet, en France et aux États-Unis. En faisant l’actualité, en suscitant la curiosité du public, il accède à la célébrité.
La Fayette entre France et Amérique. Histoire et légende, Archives nationales, Paris (3e)
Lafayette est l’un des premiers personnages modernes à avoir consciemment façonné son image publique. Comme le montre l’historien Antoine Lilti dans ses travaux sur la culture de la célébrité (1750-1850), le phénomène Lafayette préfigure les mécanismes médiatiques contemporains : presse, gravures, affiches, publications… Le marquis est un pionnier de la « notoriété entretenue ».
En mars 1789, La Fayette est élu aux États généraux convoqués par Louis XVI à Versailles dans les rangs de la noblesse. Il se positionne alors en faveur de l’avènement d’un régime constitutionnel et libéral. En juillet 1789, il propose notamment d’adopter une déclaration des Droits de l’homme sur le modèle américain — son projet servira de base à la Déclaration adoptée quelques semaines plus tard par l’Assemblée constituante.
En août 1792, après la prise des Tuileries, le marquis fuit à l’étranger.
Arrêté dans les Pays-Bas autrichiens, il passera cinq ans en captivité et ne pourra rentrer en France qu’en 1799, après le coup d’État du 18 brumaire.
Pendant les Cent-Jours, La Fayette retrouve un rôle politique : il est élu député à la Chambre des représentants et exige l’abdication de Napoléon après sa défaite à Waterloo. Lorsque la Seconde Restauration se met en place, il siège à plusieurs reprises à l’extrême-gauche de la Chambre. Il se rapproche aussi des républicains qui conspirent pour faire renverser la monarchie.
1830 : Lorsque la Révolution des Trois Glorieuses éclate, en juillet 1830, La Fayette, qui est de nouveau commandant général de la Garde nationale, se rallie à Louis-Philippe d’Orléans. « Le 31 juillet 1830, le duc d’Orléans reçoit l’accolade de La Fayette sur le balcon de l’Hôtel de ville. Ce dernier prononce ces mots restés célèbres : "Ce roi sera la meilleure des républiques", relate Thierry Sarmant, autre co-commissaire de l’exposition. La Fayette se disait républicain, mais il ne croyait pas à la possibilité d’établir en France, à ce moment-là, ce type de régime ». Louis-Philippe Ier est proclamé roi des Français quelques jours plus tard, le 9 août 1830.
Après avoir consacré les dernières années de sa vie à soutenir les peuples réclamant leur indépendance, comme les Polonais, les Italiens ou les Belges, La Fayette s’éteint à son domicile parisien le 20 mai 1834. Un deuil national de trente jours est décidé aux États-Unis.
Jusqu’à la fin de sa vie, en 1834, cet homme fut continuellement ballotté par un flot d’images contradictoires et tour à tour bénéficiaire ou victime d’un phénomène dont les Archives nationales nous rappellent qu’il n’est pas une invention récente, mais puise ses racines au XVIIIe siècle : la culture de la célébrité.
La Fayette s’est efforcé de maîtriser sa légende et apparaît comme l’un des premiers hommes politiques modernes à avoir compris l’importance de l’opinion publique et des médias dans la construction de la notoriété.
Surnommé le « héros des deux mondes », il est depuis 2002 un des huit citoyens d'honneur des États-Unis.
A l'invitation du président James Monroe il y fait un voyage triomphal de 13 mois en 1824, au cours duquel il est accueilli et honoré dans 182 villes des 24 États que compte l'Union à cette époque, en parcourant 6.000 kms en diligence, cheval, barge de canal et bateau à vapeur…
Il est le premier étranger à avoir prononcé un discours devant le Congrès
Georges Washington
Deux ou trois choses que je sais de lui…
Georges Washington, par Joseph Désiré Court
George Washington (22 février 1732 [O.S. 11 février 1731][a] — 14 décembre 1799) connu comme le Père de son Pays pour son rôle dans l’indépendance américaine.
À l'origine, c’est un gentleman-farmer virginien
Il fut le premier président des États-Unis, en fonction de 1789 à 1797.
En tant que commandant de l’Armée continentale, Washington mena les forces patriotes à la victoire lors de la guerre d’indépendance américaine contre l’Empire britannique.
Ramon Elorriaga, 1889.
I.1754 — L’affaire de Jumonville
Le 28 mai 1754, dans une petite gorge — qui s'appelle depuis Jumonville Glen — près de Great Meadows en Pennsylvanie, se produit ce que l'on nommera l’« affaire Jumonville ».
27 mai 1754, Washington, servant alors sous l’uniforme britannique, apprend qu'un détachement canadien français d'une trentaine d'hommes campe non loin de Great Meadows.
Au matin du 28, il s'y rend avec 40 hommes et des auxiliaires amérindiens.
Aucune sentinelle n'est postée autour du campement. Il s'ensuit une fusillade d'un quart d'heure, pour laquelle le mot « bataille » est un peu excessif.
Neuf soldats canadiens français sont tués, vingt-et-un sont capturés, dont Joseph Coulon de Jumonville, qui est blessé.
Un homme réussit à s'échapper et rejoint Fort Duquesne pour donner l'alerte. Les Anglais comptent un mort et deux blessés.
Washington et ses hommes se retirent, abandonnant les corps, parmi lesquelles celui de Jumonville, dont la mort a suscité des débats.
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George Washington fut accusé par les Français d'avoir ouvert le feu sans sommation sur un détachement plénipotentiaire, donc sans intention belliqueuse, d'une trentaine d'hommes, et d’avoir fait exécuter Joseph Coulon de Villiers, sieur de Jumonville, commandant le détachement, alors qu'il était son prisonnier, autrement dit : de meurtre.
Outre sa reddition, George Washington évite ce jugement pour meurtre, en signant des aveux complets où il reconnait l'assassinat de Joseph Coulon de Jumonville.
Première victoire française dans le conflit, la bataille de Fort Necessity constitue également la seule reddition dans la carrière militaire de George Washington.
Après sa libération, il reviendra sur ses aveux, prétendant ne pas avoir compris le texte qu’il avait signé. Nous sommes en 1754..
Pas terrible ; il a alors 22 ans (NDLR)
Le meurtre de Joseph de Jumonville fit scandale en France.
Voltaire, pourtant anglophile, s'indigna : « Je ne suis plus Anglais depuis que les Anglais sont pirates sur mer et assassinent nos officiers en Nouvelle-France »
II.1781 — La bataille de Yorktown
« 17 octobre 1781 : Vers 10h00 du matin, un tambour apparaît à un rempart de la forteresse et remet à un officier français une lettre du Lord Cornwallis à Washington … » pour régler les termes de la reddition ; « …la reddition de Yorktown est une sorte de parade internationale où chacun met à son point d'honneur à marcher mieux que l'autre. La dominante de cet immense tableau mouvant, c'est le rouge des habits des milliers d'écossais…qui avancent en majesté. Le rouge se rend au bleu.
Washington tient le premier plan sans avoir besoin de s'imposer, Lafayette à trois pas — il va devoir en prendre l'habitude — et parmi les grands officiers son nom n'apparaît pas dans la capitulation »
À Versailles,
« …La Cour est occupée d'une bien autre victoire.
Le 22 octobre Marie-Antoinette a donné le jour à un enfant, un vrai, c'est-à-dire un garçon…
Louis XVI commence un second règne nanti d'un dauphin et d'une guerre gagnée.
L’héritier qui vient de naître en même temps que l'Amérique devrait entrer dans sa 20e année en 1800 : quand succédera-t-il à son père ? ... »
Le vent d'Amérique — « Il y aura un nouveau monde », page 499
III.Georges Washington et l’esclavage
Dans la colonie de Virginie où il grandit, Washington devient propriétaire d'esclaves de troisième génération à l'âge de 11 ans, à la mort de son père en 1743, lorsqu'il hérite de ses dix premiers esclaves.
À l’âge adulte, son patrimoine personnel d’esclaves s’accroit grâce à l’héritage, aux achats et à l’augmentation naturelle par les enfants nés dans l’esclavage.
Ses premières positions à l’égard de l’esclavage reflètent les positions dominantes des planteurs de Virginie de l’époque, qui montrent peu de scrupules moraux, voire aucun.
En 1774, il dénonce publiquement, pour des raisons morales, le commerce des esclaves dans les résolutions de Fairfax qui affirment les droits coloniaux au début de la révolution américaine.
Après la guerre d'indépendance des États-Unis, il continue à posséder des esclaves, mais soutint l'abolition de l'esclavage par un processus législatif progressif.
Sur le plan politique, il estime que la question conflictuelle de l'esclavage aux États-Unis menace la cohésion nationale ; il n'en parle jamais publiquement, même dans ses discours sur les défis de la nouvelle nation ; il signe des lois qui protègent l'esclavage ainsi que des lois qui le réduisent.
En Pennsylvanie, il contourne les subtilités des lois de l'État afin de ne pas perdre sa population personnelle.
Son gouvernement fournit un soutien matériel et financier aux efforts français pour réprimer la révolte des esclaves de Saint-Domingue en 1791.
L'historien Joseph Ellis écrit que Washington n'est pas favorable à la poursuite de l'esclavage légal et ajoute : « Il n'a jamais adopté les arguments raciaux en faveur de l'infériorité des Noirs avancés par Jefferson... Il considérait l'esclavage comme le coupable, empêchant le développement de la diligence et de la responsabilité qui émergeraient progressivement et naturellement après l'émancipation ».
Son testament, largement diffusé après sa mort, prévoit l'émancipation éventuelle des esclaves dont il est propriétaire ; il est l'un des rares Pères fondateurs propriétaires d'esclaves à le faire.
George Washington et ses esclaves
1954 : en voiture, vers les 30 glorieuses…
Le mot « Aronde » signifie en ancien français « hirondelle », ce qui était le symbole de la marque Simca.
En 1956, l'Aronde est la voiture la plus vendue en France.
La Simca paraît très moderne face à la Citroën Traction Avant ou à la Peugeot 203 de l'époque.
Son style se ressent de la forte influence américaine de l'immédiat après-guerre, avec une ligne du style ponton, avec des ailes intégrées au reste de la carrosserie, dont elle fut une des premières représentantes parmi les voitures françaises.
Pour son époque, elle disposait d'une grande surface vitrée.
Ses qualités étaient une direction précise et légère, sa nervosité et un bon freinage par rapport à ses rivales.
On pouvait lui reprocher un essieu arrière sautillant et inconfortable, une commande de boîte de vitesses imprécise et une première non synchronisée.
Le patron de l'époque, Henri Théodore Pigozzi, en manager visionnaire, va imposer, bien avant tout le monde, des déclinaisons nombreuses pour chacun de ses modèles.
La gamme Aronde s'enrichit également des modèles Simca Sport dessinés par les stylistes de Facel-Métallon et produits chez ce carrossier, à savoir les très élégants « Coupé de Ville » et cabriolet « Week-end ».
Brigitte Bardot et le cabriolet Aronde Week-end, prêté par Simca en 1954
Dacécoute : « L’envie », Johnny Halliday (1986)
En 1986, Johnny est à la recherche d'un nouveau souffle après le succès fulgurant de « Rock'n'Roll Attitude », album écrit par Michel Berger.
Il sollicite Jean-Jacques Goldman pour quelques titres, sans imaginer un seul instant que ce dernier allait finir par écrire tout l'album Gang.
Quand Goldman fait écouter la maquette de L'Envie à Johnny, le coup de foudre est immédiat.
L’enregistrement a lieu à l'automne 1986 au studio Gang à Paris.
La légende dit que seules deux prises ont été nécessaires pour enregistrer la chanson.
Michel Berger, qui a mis en scène le spectacle « Johnny se donne à Bercy », place L'Envie en clôture de la première partie.
C'est un moment d'anthologie qui fait vibrer le public de Bercy.
Johnny a souvent répété que L'Envie était sa chanson préférée.
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